Lundi.
Journée normale, je me lève, sors mon masque, arrive dans la cuisine, dis bonjour à la famille levée, souris, je suis polie, je déjeune.
J'avais pas faim. Je vais dans la salle de bain, j'enlève mon masque, moment de solitude. Je me prépare, je m'habille, me brosse les dents, je regarde l'heure. 7H15. Met un autre masque, prends
mon sac, mes clefs, mes chaussures, ferme le garage part à l'arrêt de bus... arrive au lycée.
Je parle, je rigole, je monte en cours. Premier étage, j'attends. Le professeur arrive, j'entre en cours, ça commence.
11h15. Je sors de cours, je rejoins des copines, mange avec elles puis file devant ma salle. Premier étage. Il est vide, il est 13h.
J'enlève mon masque. 13H30. Je remet mon masque, des gens arrivent, me parlent, je rigole, je souris. 14H début des cours.
17h. Je monte dans le bus, musique aux oreilles,regard dehors, j'observe sans observer, j'ai la tête vide, j'enlève le
masque.
17h40 je sors du bus, masque en place, sourire aux lèvre « Au revoir, bonne soirée ». Je rentre chez moi, tout va
bien.
18h je pars faire un tour, voir un bon ami, discute un peu, va au théâtre, rigole, m'amuse, rentre à la maison. Je mange, me douche, fait
mes devoirs, va un peu sur l'ordinateur. Mon frère rentre, me fait un câlin, et un bisou « bonne nuit sœurette ». Part en fermant la porte. J'atteins l'ordinateur, la lumière, me pose
dans mon lit, enlève mon masque ... une larme roule sur ma joue gauche.
Mardi.
Je me lève. 8h. Je met mon masque, déjeune, me lave, prend la voiture, part au lycée.
11h15. Je fini les cours, j'attends une heure. Mange avec des copine. 14H, rentrée des cours, 17h, fin des cours. Je prend la voiture, je
rentre, je mange, je me douche, part sur l'ordinateur, va me doucher, enlève le masque. Une larme coule sur chacune de mes jours...
Mercredi.
8h, debout. Je met mon masque. Je déjeune. Je m'habille, me brosse les dent, prend la voiture, va en cours. C'est parti pour 3h. 12H15,
je pars du lycée, va chez mes grands-parents, mange la bas, part au bénévolat. Je change de masque. Plus doux. Plus sincère.
Je parle et j'aide. Je bosse un peu. Puis je repars, je rentre chez moi, va sur l'ordinateur. Mange. Part à la sophrologie, fais un
détour, fume une clope, rentre à la maison, me douche, enlève mon masque, deux larmes coulent, mes lèvres se plissent. Je respire, puis m'endors.
Jeudi.
9h. debout. Je remet mon masque, déjeune, m'habille, prend la voiture. 10H, les cours. 12H15, je mange à Mac do, comme tout les jeudi.
14H reprise. Dure. 18H fin. Je rentre. C'est dur. Je mange, me repose, va sur l'ordinateur, me douche, va au lit. Reste au téléphone, enlève mon masque. J'ai les mains crispées, les lèvre
plissées, quatre larmes se perdent sur mes joues... tout va bien.
Vendredi.
7h. je me lève, prend mon masque, mes affaires, déjeune, m'habille, part en cour. 8h. M'ennuie pendant quatre heures. Mange avec mes
amies, oublie le temps, rigole. 14H. Va en cour. Dure. 16h. Départ en sport, me défoule, oublie le temps. 17H30. Fin du sport. Rentre chez elle. Prête pour la soirée. S'amuse, fait la fête,
« oublie », rentre chez elle, enlève le masque.
Quatre perles sur mes joues, les ongles enfoncés dans ma peau, mes poings serrés, mes lèvres plissées.
Samedi.
Je me lève, met mon masque, déjeune, glande, vois des amis, me prépare pour le soir, m'amuse, tard. 1h. Reçois un message. Un reproche. Craque. Le masque se fissure. « NON ». je me
ressaisie. J'ai pas envie. Il se recole. Tout va bien.
Je rentre chez moi. Pose le masque. Des larmes coulent, pas beaucoup. Du sang coule de mes mains, mais pas beaucoup. Ça me fait même pas
mal. J'ai les lèvres endoloris.
Dimanche.
Je remet le masque, me lève, déjeune, m'habille, me douche, glande, vois des amis, respire, rentre, mange, va se coucher, prépare ses
affaires pour le lendemain, se met dans son lit, enlève son masque, mes mains sont en sang, mes lèvres me font mal, mes yeux sont rouge, j'ai une douleur à la poitrine. Mon cœur se brise... en
mille et un morceaux. J'ai mal. J'ai envie de crier. Mais je ne peux pas. Dans le silence absolue de la nuit je pleure, toutes les larmes de mon corps. Et quand je n'en peux plus, quand la
fatigue m'envahit... je m'endors.
Et tout recommence,
Un cercle vicieux.
Un masque dur. Un masque doux.
Pourquoi montrer au monde ce qu'il veut voir plutôt que mon vrai visage. Celui d'une jeune femme totalement
brisée...?
Lundi.
Nouveau départ.
Tout recommence.